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2011-02-23T00:00:00+01:00

"L'attente du soir" Tatiana Arfel

Publié par agathe

l'attente du soir

 

Edition : Corti

Parution : 2010

325 pages

 

Quatrième de couverture :

 

Ils sont trois à parler à tour de rôle, trois marginaux en bord de monde. Il y a d'abord Giacomo, vieux clown blanc, dresseur de caniches rusés et compositeur de symphonies parfumées. Il court, aussi vite qu'il le peut, sur ses jambes usées pour échapper à son grand diable noir, le Sort, fauteur de troubles, de morts et de mélancolie. Il y a la femme grise sans nom, de celles qu'on ne remarque jamais, remisée dans son appartement vide. Elle parle en lignes et en carrés, et récite des tables de multiplication en comptant les fissures au plafond pour éloigner l'angoisse. Et puis il y a le môme, l'enfant sauvage qui s'élève seul, sur un coin de terrain vague abandonné aux ordures. Le môme lutte et survit. Il reste debout. Il apprendra les couleurs et la peinture avant les mots, pour dire ce qu'il voit du monde. Seuls, ces trois-là n'avancent plus. Ils tournent en rond dans leur souffrance, clos à eux-mêmes. Comment vivre ? En poussant les parois de notre cachot, en créant, en peignant, en écrivant, en élargissant chaque jour notre chemin intérieur, en le semant d'odeurs, de formes, de mots. Et, finalement, en acceptant la rencontre nécessaire avec l'autre, celui qui est de ma famille, celui qui, embarqué avec moi sur l'esquif balloté par les vents, est mon frère. On ne cueille pas les coquelicots, si on veut les garder vivants. On les regarde frémir avec ces vents, dispenser leur rouge de velours, s'ouvrir et se fermer comme des coeurs de soie. Giacomo, la femme grise, le môme, que d'autres ont voulu arracher à eux-mêmes, trouveront chacun dans les deux autres la terre riche, solide et lumineuse, qui leur donnera la force de continuer.

 

 

Mon avis :

 

 

Une véritable pépite que ce roman!!

Avec une écriture sensible et très touchante, Tatiana Arfel nous raconte le parcours de ces trois personnages très attachants qui vivent chacun à leur manière dans leur monde, à l'écart des autres.

Le thème de l'identité est très présent dans ce roman, entre Giacomo qui n'existe qu'en tant que clown, Melle B qui n'existe pour personne, et le môme qui vit seul à la façon d'un animal.

Le regard  a beaucoup d'importance, car c'est justement celui des autres qui les fait exister de cette manière.

Les trois personnages se retrouveront pour un "tableau" final émouvant.

Un très beau roman, rempli de sentiments, de sensibilité et de couleurs!

 

 

 

 

Quelques passages :

 

p90.    " Les êtres chers vous paraissent aussi naturels que le soleil sur votre front, jusqu'à ce qu'il pleuve."

 

p90.    "Mais quitter le cirque, quitter la grande roue en marche, c'était déjà mourir un peu, passer de l'autre côté, dans la lumière blanche et froide du jour, alors que nous autres ne vivons que dans l'attente du soir et de la lumière chaude des projecteurs, des bougies fébriles des roulottes ou de l'éclat fantastique du feu de camp, au bivouac des grans chemins."

 

p95    " Alors j'aurais prononcé un discours de paix, à elles et aux soignants attiré là par le calme soudain de la salle, pour qu'on n'enferme pas dans des cages ceux qui sont déjà exilés d'eux-mêmes, pour qu'on ne mette pas de pyjamas piquants à ceux dont la peau est beaucoup trop fine pour supporter le monde, pour qu'on n'écrase pas de molécules chimiques les esprits qui ont déjà tellement de mal à se persuader qu'ils existent. A la fin tout le monde m'aurait applaudie et j'aurais regardé chacun à son tour dans les yeux."

 

 

 

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commentaires

oops 04/06/2012 15:36


Un roman d'une rare intensité émotionnelle. 

pom' 23/02/2011 12:18



je le note



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